Inventaire des polluants présents dans un véhicule
Une voiture moyenne contient environ 4 à 7 litres d'huile moteur, 1 à 2 litres d'huile de boîte, 5 à 10 litres de liquide de refroidissement, 0,5 à 1 litre de liquide de frein, jusqu'à 60 litres de carburant résiduel, plusieurs centaines de grammes de fluide de climatisation (HFC, gaz à effet de serre puissant), une batterie au plomb de 10 à 25 kg, et des filtres à huile / gasoil chargés de résidus.
S'y ajoutent les métaux lourds : plomb des soudures et des cosses, mercure dans certains contacteurs anciens, cadmium dans certaines peintures, additifs zinc/cuivre/chrome dans les huiles usagées.
Comment ces polluants s'échappent au fil du temps
Les durites et joints en caoutchouc se dessèchent et craquent sous l'effet du soleil et du gel : les liquides commencent à suinter. Le réservoir, surtout en acier sur les véhicules anciens, finit par rouiller et percer. La batterie peut couler ou être éventrée par un choc.
Le carter d'huile, exposé sous le véhicule, est l'un des premiers à céder en cas d'humidité prolongée ou si la voiture repose sur la terre. Une simple fuite d'huile moteur peut polluer plusieurs centaines de litres d'eau souterraine.
Impact sur les sols et les nappes phréatiques
Les hydrocarbures (huiles, carburant) traversent les premiers centimètres de terre puis migrent lentement vers la nappe. Selon la nature du sol, ils peuvent rester en surface (argile) ou descendre rapidement (sable). Une fois dans la nappe, la dépollution est extrêmement coûteuse et longue.
Le liquide de refroidissement contient du glycol, toxique pour la faune (chiens, chats, hérissons en boivent volontiers à cause de son goût sucré) et qui consomme l'oxygène dissous dans l'eau. Le liquide de frein est un solvant agressif pour la vie microbienne du sol.
Les métaux lourds, eux, ne se dégradent jamais : ils s'accumulent sur place, contaminent durablement le terrain et peuvent rendre une parcelle impropre à la culture ou à la construction.
Batterie et fluide de climatisation, deux pollueurs invisibles
La batterie au plomb contient de l'acide sulfurique et plusieurs kilos de plomb. Quand elle gèle, gonfle et se fissure, le plomb se retrouve dans le sol. Une seule batterie peut polluer une zone de plusieurs mètres carrés et impose des opérations de décontamination coûteuses.
Le fluide de climatisation (R134a hier, R1234yf aujourd'hui) est un gaz fluoré au pouvoir de réchauffement plusieurs milliers de fois supérieur à celui du CO₂. Quand le circuit se perce avec le temps ou un choc, ce gaz part dans l'atmosphère, sans odeur ni signe visible. Il ne devrait jamais quitter une voiture autrement que par une station de récupération agréée.
Le rôle de la dépollution en centre VHU
Avant tout démontage ou broyage, le centre VHU agréé réalise la dépollution obligatoire : vidange et collecte des huiles et liquides dans des cuves étanches, récupération du carburant, retrait de la batterie, dépose des airbags, aspiration du fluide de climatisation par une station spécialisée.
Chaque flux part ensuite vers une filière dédiée : régénération des huiles, traitement des liquides, recyclage du plomb. C'est cette étape qui transforme une épave potentiellement dangereuse en matière première propre — et qui justifie qu'un véhicule ne doit jamais être confié à un acteur non agréé, peu importe le prix proposé.
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